"Une fois encore, les dirigeants européens oublient que le temps politique n'est pas le temps économique et financier…"

Publié le par actubourse

Écrit par Bertrand Raynier - Forex.fr
Vendredi, 09 Décembre 2011 00:00
european crisisInterview exclusive de Christopher Dembik, Rédacteur en chef de Forex.fr, sur l'issue du Sommet européen de Bruxelles et la dernière réunion de Politique monétaire de la Banque Centrale Européenne.

Peut-on vraiment parler d'une crise de l'euro?

Je ne peux m'empêcher de sourire lorsque j'écoute le Président Sarkozy affirmer que "l'euro n'inspire pas confiance". Tous les jours, les responsables européens ne cessent d'évoquer la crise de l'euro alors qu'il ne s'agit aucunement de cela. Si on regarde de près les taux de change de l'euro face au dollar, on constatera que le niveau actuel de la paire n'est en rien alarmant.
Affirmer que l'euro est en crise est non seulement une erreur grossière de communication qui n'a pour conséquence que d'affoler les particuliers et d'entretenir un climat de peur mais, en plus, souligne à quel point les responsables européens appréhendent de manière erronée la crise actuelle et les défis auxquels la zone euro doit faire face.
Nous sommes, rappelons-le, face à une banale crise de la dette comme elle a pu avoir lieu dans les années 80 en Amérique Latine, mais qui s'inscrit dans un contexte particulier, celui de la construction européenne ce qui a simplement pour effet d'avoir des conséquences plus importantes et plus visibles au niveau mondial puisque nous parlons d'un pays des trois piliers de la Triade et non pas d'un pays en voie de développement, comme l'a pu l'être le Brésil il y a environ vingt cinq ans.

Qu'attendez-vous du Sommet européen?

Peu de choses et, à mon avis, l'optimisme des marchés financiers va rapidement retomber, dans les heures à venir. Prenons un seul exemple, celui d'un nouveau traité à 17, sachant qu'à 27 cela semble impossible. Supposons que les chefs d'Etat et de gouvernement s'accordent rapidement sur un nouveau texte, au mieux, il faudra six mois pour que les Parlements nationaux votent ce nouveau traité. Insuffisant pour rassurer les marchés financiers. Une fois encore, les dirigeants européens oublient que le temps politique n'est pas le temps économique et financier…
Seule une action rapide de la BCE est en mesure de restaurer la confiance, quitte à s'émanciper temporairement du mandat. La baisse des taux annoncée hier et les mesures de soutiens qui étaient largement attendues, à savoir la mise en place de prêts aux banques sur 36 mois et l'élargissement des garanties acceptées des banques, constituent de bons signaux mais la BCE attend avant d'agir plus massivement concrètement une réponse des politiques. En l'occurrence des engagements en matière fiscale et budgétaire qui n'arriveront peut-être pas de si tôt.
Pour restaurer la confiance, il faudra au moins une élargissement du programme de rachats de dettes souveraines par la BCE et un engagement à maintenir ce programme au moins sur 18 mois. De nouvelles baisses de taux sont à prévoir dans les mois à venir, ce qui constitue une rupture nette entre le mandat de Jean Claude Trichet, et le mandat de Mario Draghi, mais ce sera insuffisant certainement pour les investisseurs.

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